Chronique 1914-1918 : "Résister par la zwanze" (01)

Les gamins de Bruxelles narguent les Boches Jean dOstaLe document du mois qui vous a été présenté dernièrement sous le titre "L'enterrement fictif du kaiser Guillaume II dans les Marolles en 1919 " était bien caractéristique de cet esprit d'insoumission que l'on retrouve dans la "zwanze" bruxelloise. Ce mot d'origine bruxelloise désigne en réalité le membre viril. Par glissement de sens, il désignera une plaisanterie ou une mystification souvent assez grossière (cfr aussi par exemple couillonner et connerie). La population bruxelloise ou plus exactement une partie de celle-ci adoptera cet état d'esprit en 14-18 pour prendre une attitude de résistance pendant plus de 50 longs mois. Elle permettra d'oublier un peu la grande détresse dans laquelle cette très pénible période plongera les Parade march luppens Nicky LuppensBruxellois dont la préoccupation majeure sera de vivre et de survivre ou encore comment se nourrir, se vêtir et se chauffer. Si une résistance "classique" (mais non armée) ou institutionnelle se mettra bien en place (n'oublions pas les figures d'Adolphe Max, du cardinal Mercier, de Gabrielle Petit ou d'Edith Cavell), celle du "populo" va s'exprimer sous des formes diverses, mais toujours avec cette gouaille frondeuse si caractéristique. Nous allons par conséquent illustrer cette rubrique avec des cartes postales qui circulaient sous le manteau et qui ont pour but en utilisant la caricature de se moquer de l'occupant ou de se gausser du vécu quotidien marqué par les diverses restrictions imposées par l'occupant allemand.
Poechenelle march CHBLe premier thème retenu, souvent mentionné par les témoins contemporains, sera celui des ketjes des Marolles qui défilent en singeant les soldats allemands dans une "parademarch" moqueuse et caricaturale qu'ils appellent aussi " la poechenelle march".

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