Chronique 1914-1918 :"Résister par la zwanze" (07)

Manneken-Pis se gausse des boches  

Pendant cette période, les principales préoccupations des Bruxellois furent de vivre et même de survivre ou plus prosaïquement comment se nourrir, se vêtir et se chauffer. Afin de soutenir le moral de la population soumise à un régime d'occupation sévère et dur qui s'étendit pendant environ 50 mois (d'août 1914 à novembre 1918) et qui se marqua aussi par des arrestations de résistants, des déportations de chômeurs, des difficultés d'approvisionnement en denrées et des réquisitions de matières premières, circulèrent des cartes postales, des journaux, des dessins qui caricaturaient férocement l'occupant. Cette manière d'agir n'était pas sans risque pour les "résistants" et ce matériel était distribué évidemment sous le manteau. Un thème parmi d'autres qui illustrait ce genre de document est celui de Manneken-Pis qui se gausse des Boches. Notre petit bonhomme se devait d'être de la partie puisque notre Manneken est devenu au fil du temps le symbole même de la résistance à toute occupation étrangère.Vous le verrez donc sur les illustrations pisser sur les Boches ou Alboches : rappelons que "al" = Allemand et qu'en argot "boche" (avec l'origine "bosse" ? = tête) que l'on retrouve dans caboche) ou mieux "tête de boche" désigne une personne à tête dure, une tête de bois ou la boule de bois du jeu de quilles ; en somme le sens général du terme "Boche" est celui d'Allemand demeuré, idiot, rustre.Quant au nom Huns que vous trouverez sur la carte postale qui caricature Guillaume II et son fils Guillaume, le Kronprinz, il désigne ce terrible peuple mongol du roi Attila (vers 395-453) surnommé "fléau de Dieu". Il fait allusion directe aux exactions commises par les troupes allemandes notamment en août 1914, mais aussi à la situation engendrée par une occupation sans pitié ou barbare.Une autre carte postale fait allusion à Moritz Ferdinand von Bissing, général allemand qui fut gouverneur militaire de la Belgique du 24 novembre 1914 à sa mort au château de Trois-Fontaines à Vilvorde le 18 avril 1917. Bruxelles a connu sa fastueuse cérémonie d'enterrement. C'est lui aussi qui signa notamment la condamnation à mort d'Edith Cavell. C'est donc son décès qui est évoqué dans ce document comme le montre la traduction des phrases attribuées aux divers protagonistes : Manneken-Pis " Ose remettre ça en lice et tu recevras un jet de ma pisse" ; Pietje la Mort " Je te tiens, vieille baderne, arrête donc tes balivernes" ; von Bissing "Ce que nous avons nous le gardons".

Note : tous les documents qui illustrent cet article sont la propriété de Jean Heyblom, président du Cercle d'Histoire de Bruxelles

Note : tous les documents qui illustrent cet article sont la propriété de Jean Heyblom, président du Cercle d'Histoire de Bruxelles

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