Chronique 1914-1918 :"Résister par la zwanze" (08)

Les fables de La Fontaine servent à se moquer de l'envahisseur allemand

carte n 1Dans cette série d'articles, nous passons en revue différents thèmes utilisés par les illustrateurs de cartes postales pour faire écho, dans un esprit de résistance, à la situation de la Belgique ou de ses habitants pendant la Première Guerre Mondiale. Nous vous présentons ici avec ces trois cartes postales le thème des fables du célèbre auteur du 17e siècle Jean de la Fontaine appelées à la rescousse pour se moquer avec une féroce ironie de notre envahisseur : chacune des cartes postales porte le titre : « Les Fables de La Fontaine carte n 2en action » et comporte deux scènes ; la première carte illustre la fable  La Laitière et le Pot au Lait : on y voit l'empereur allemand Guillaume II de Hohenzollern (1859-1941) habillé en fermière comme Perrette que l'on voit présente dans la scène du dessous ; comme l'héroïne de la fable, il a cassé son pot au lait ; sur un des morceaux du pot est inscrit « empire de l'Europe », allusion aux rêves brisés d'hégémonie du kaiser. La deuxième carte illustre la fable Les Animaux Malades de la Peste : on y distingue sous le titre « Les Animaux Malades de la Poste » l'intérieur d'un bureau de poste avec quatre guichets tenus par des soldats allemands moqués par leurs attitudes ; les trois premiers guichets portent les panneaux Mandats, Timbres poste et Poste restante ; en dessus de cette scène vous pouvez en voir une seconde qui représente des animaux ; la troisième carte  illustre la fable  Le Loup et l'Agneau : on y repère une première scène avec une jeune fille portant en écharpe autour du corps les couleurs du drapeau belge et un soldat allemand qui la menace de son épée ; cette scène porte le titre de la fable avec les mots La Belgique et l'Allemagne, référence la plus explicite à l'invasion  brutale de notre pays, pourtant protégé en  droit international par sa neutralité ; la deuxième scène de la carte montre le loup et l'agneau au bord d'une mare comme dans la fable. Sa conclusion est écrite en dessous « La raison du plus fort est toujours la carte n 3meilleure », elle  renforce la leçon que donne ce document sur l'attitude inique de l'Allemagne envers notre nation.

Note : tous les documents qui illustrent cet article sont la propriété de Jean Heyblom, président du Cercle d'Histoire de Bruxelles

 

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