Le Cercle d’Histoire de Bruxelles vous propose cette chronique consacrée à la Première Guerre mondiale, s’associant ainsi à son tour à la commémoration du centenaire de la WWI. 

Le Cercle dédie ce travail à la mémoire du soldat volontaire du 6ème de Ligne CONSTANT HEYBLOM blessé le 6 février 1915 devant Dixmude et décédé à l’âge de 25 ans à l’Hôpital de l’Océan le 10 février de la même année. Il repose au cimetière militaire belge de La Panne.

Ces articles sont écrits par Jean Heyblom, historien.

Chronique 1914-1918 : "1914 Illustré" analyse des n° 7, 8 et 9 de la revue

La page de couverture du n° 7 (octobre 1914) nous montre une vue de la ville de Louvain en ruines avec en gros plan son Hôtel de Ville ; comme nous l'avons déjà écrit dans l'analyse du n° 3 de cette revue et rappelé dans celle du n°4, on ne trouve toujours aucune allusion aux exactions des troupes allemandes dans cette ville. La censure allemande joue pleinement son rôle et les rédacteurs de la revue suivent sagement les injonctions de l'occupant, d'où ce qualificatif qui sera donné à cette presse : "presse embochée". Le scénario se poursuit pour les images des pages suivantes qui illustrent les destructions subies par la ville de Visé sous le titre général : "Le bombardement de Visé". Intéressons-nous à une photo de la page 7 de la même revue qui porte l'entête suivante : "Les pigeons de Bruxelles". L'autorité allemande voulait absolument empêcher par tous les moyens la diffusion de renseignements d'ordre militaire. A cette fin le gouverneur général avait enjoint aux propriétaires de pigeons de l'agglomération bruxelloise (comme dans tout le pays d'ailleurs) de se dessaisir de leurs volatiles. Ceux-ci au nombre de 75.000 pour Bruxelles furent remisés dans un hall du Cinquantenaire.

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Chronique 14-18 : Un document unique sur la déportation des chômeurs bruxellois en 1917

1-dessin de Louis Ramaekers in Belgique et guerre p 180Les nombreuses offensives sur les divers fronts entraînèrent dans les rangs allemands de terribles hécatombes qui finirent par avoir raison petit à petit des réserves en hommes. Il fallut donc qu'un nombre de plus en plus important d'ouvriers allemands qualifiés rejoigne les champs de bataille. Devant la nécessité absolue de poursuivre la production industrielle de guerre, l'économie allemande aura donc un besoin impératif de main d'œuvre. Elle recherchera à recruter celle-ci dans notre pays occupé, mais le travail volontaire ne fait pas recette ; les autorités allemandes vont alors décréter à partir d'octobre 1916 dans les zones d'opération (Operationgebiet : la zone de front) et d'étapes (Etappengebiet : les provinces de Flandre occidentale et orientale) la déportation et la mise au travail obligatoire d'ouvriers-chômeurs, malgré les vives protestations d'autorités nationales et des responsables communaux locaux. Au niveau du Gouvernement général, à partir du 26 octobre 1916, Moritz von Bissing suivit les injonctions du chef d'Etat-major von Hindenburg et 58.000 ouvriers de cette partie du pays connaîtront ce sort jusqu'en mars 1917, date à laquelle ils purent rentrer chez eux. Dans le cas de Bruxelles et de son agglomération, 1348 Bruxellois seront déportés entre le 20 et le 27 janvier 1917. 

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Chronique 1914-1918: « 1914 Illustré » analyse du n° 6 de la revue

La couverture de ce numéro qui est daté de septembre 1914 nous montre une vue de Dinant dévastée. Un sous-titre la commente : La bataille de Dinant. L'Eglise. Le Pont détruit par les Alliés. Le Pont construit par les Allemands. Cette phrase, anodine en apparence, induit l'idée négative de « destruction » par les Alliés » et celle positive de « construction » par les Allemands. Résultat de la censure ou volonté de la rédaction? Que ce soit l'un ou l'autre cas, le terme de « presse du moindre mal » donné par Jean d'Osta à ce magazine (voir Chronique n°1) nous semble bien justifié. Remarquons le silence du magazine sur les événements de guerre proprement dits.

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Chronique 1914-1918: « 1914 Illustré » analyse du numéro 5 de la revue

La couverture de ce numéro 5 daté du mois de septembre 1914 porte le portrait de « S. Exc. le Marquis de VILLALOBAR, Ministre de S.M. le Roi d'Espagne à Bruxelles », Même si une plaque rappelle son séjour dans l'immeuble situé au n° 11 rue Archimède à 1000 Bruxelles, même si une avenue ornée d'un monument avec son buste porte son nom à Woluwé -Saint-Pierre, bon nombre de personnes en ignorent sans doute le pourquoi. De son nom complet Rodrigo de Saaveda y Vincent, marquis de Villalobar (1864-1926), il avait déjà une brillante carrière diplomatique débutée en 1866 lorsqu'il fut nommé par le roi Alphonse XIII comme ministre plénipotentiaire à Bruxelles en 1913 et il occupera ce poste jusqu'en 1921. Dès le début de la Grande Guerre, il se met au service de nos concitoyens et d'accord avec son collègue américain Brand Whitlock sait éviter le bombardement de notre capitale et intervient pour tenter de sauver Edith Cavell. Il contribue lui aussi à l'oeuvre du ravitaillement de notre pays, lui évitant une famine, et joue un rôle plus important encore dans le cadre de la Commission for Relief in Belgium (CRB) lorsque le chaperon américain cède sa place après l'entrée en guerre des USA en avril 1917.

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