"Celui qui n'a pas vu Joséphine Baker ceinturée de quelques bananes pour tout costume n'a jamais rien vu".

Josephine BakerJoséphine Baker, ça vous dit quelque chose ?

Joséphine Baker superstar, aux mille qualificatifs : l'oiseau des îles, la perle noire, la Vénus d'ébène, la panthère, la tigresse, la nouvelle Atala, phénoménale dans sa danse épileptique le Black Bottom. C'est vrai qu'elle se voilait l'anatomie (et encore, pas toujours) de ceintures de bananes ; celle dont on disait que le magasin préféré à Bruxelles était "La Vierge noire".
Elle avait entamé sa fulgurante carrière au Casino de Paris dès l'âge de 14 ans avec sa chanson " J'ai deux amours" qui conquit Paris en deux jours. Elle tenait du kangourou-boxeur, de la femme-caoutchouc et de la femelle de Tarzan. Elle se contorsionnait, louchait, se secouait, gonflait ses joues en traversant la scène à quatre pattes, son derrière mobile devenait le centre mouvant de ses extravagantes évolutions. Puis, nue, les reins ceinturés de plumes vertes, le crâne laqué de noir, elle soulevait les colères et les enthousiasmes". Tel était le fabuleux oiseau des îles qui fit courir [Bruxelles] à l'Alhambra [boulevard Emile Jacqmain] pendant tant d'années, et comme par exemple en octobre 1933, avec son jazz, "tout en prodiguant ses effets célèbres de croupions". in Dubreucq Jacques, Bruxelles 1000 , une histoire capitale, Bruxelles, édité par l'auteur, vol affiche revue negre4, p 87-88.
" Le Casino, une salle de l'avenue de la Toison d'Or située au n°17 ,accueillit également ce vrai monstre sacré du temps, en mai 1930 : Joséphine Baker qui , délaissant son habituel Alhambra, vint dans le haut de la ville exhiber sa danse des bananes, celle du petit poulet, et son Charleston effréné. Sorte de chant du cygne, le café-concert qu'était devenu Le Casino disparaissant en 1931, "assassiné par le cinéma". Un cinéma que nous connaissons bien : l'Acropole".  in Dubreucq Jacques, Bruxelles 1000, une histoire capitale, Bruxelles, édité par l'auteur, vol 1, 1996, p 189. 

Ajoutons quelques éléments biographiques pour mieux cerner la personnalité de cette chanteuse, danseuse, actrice, meneuse de revue, symbole sexuel, résistante et militante des droits civiques.
"Née Freda Joséphine McDonald à Saint-Louis (Missouri - USA) le 3 juin 1906 d'une mère danseuse et d'un père musicien de rue, elle fut la première super-vedette noire : elle se fit connaître par le scandale qu'elle déclencha en 1925, lorsqu'elle poster Josephine Bakerdébarqua à Paris, en dansant mi-nue, dans la Revue nègre, le Charleston, le Black Bottom, etc. La France, qui ne connaît pas le jazz, s'affole pour le charleston et pour cette femme nue, au sourire éclatant, revêtue d'une simple ceinture de peaux de banane. À la première du spectacle, dans la salle, le poète Robert Desnos, le peintre Francis Picabia ou encore l'écrivain Blaise Cendrars et les Cubistes, qui vont s'enticher de l'art « primitif », adorent. Ils en font l'une de leurs égéries. Naturalisée française en 1937, sa popularité ne se démentira pas, malgré une carrière faite de hauts et de bas. Pendant la guerre 40-45, elle devient un agent français du contre-espionnage et recevra à la Libération la Médaille de la Résistance, car elle ne s'est pas contentée de donner des spectacles pour les armées de la France libre en Afrique du Nord, elle a fait aussi du renseignement dans les pays qu'elle a traversés. Après la guerre, elle se lance dans un courageux combat pour les droits civiques aux États-Unis au côté de Martin Luther King, mais aussi au service des enfants. Victime d'une fausse couche en 1941et ne pouvant plus enfanter, Joséphine Baker adopte alors 12 enfants de toutes origines et les élève dans le domaine des Milandes, en Dordogne. Mais le succès n'est plus au rendez-vous. Le domaine est un gouffre financier. Elle est ruinée et expulsée de sa propriété. Mais Joséphine est insubmersible. Grâce à l'aide d'admirateurs célèbres, Brigitte Bardot, Jean-Claude Brialy, puis Grace de Monaco, elle rebondit et reprend la scène. En 1975, nouveau et dernier triomphe à Bobino pour un spectacle qui salue ses 50 ans de carrière. Elle meurt le lendemain de la 14e représentation, le 12 avril 1975, à 68 ans. (d'après Le Point du 03/06/2017)

Jean Heyblom historien

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