Ouïe, que je n’aime pas ce gharçon !

Au Moyen-âge, Bruxelles était une ville flamande ; elle est devenue francophone à la fin du XIXe siècle. Sa langue est le brussels vloms (bruxellois flamand), un dialecte brabançon au même titre que l’anversois. Elle est antérieure au néerlandais officiel, codifié au XVIe siècle, lors de la création de la République protestante des Pays-Bas. Une anecdote savoureuse : lors d’un stage à l’hôpital Saint-Pierre, un médecin francophone ayant appris le néerlandais à l’école interroge son patient sur un éventuel mal de tête, et lui demande « Mijnheer, hebt u pijn aan uw hoofd ? » ; le patient, Marollien authentique, lui répond : « Nie, Menier den Doctaur, mo ‘k em wel naaig zier oen manne kop ! ». Le sens est identique, les mots totalement divergents.

Le bruxellois français, que j’aime appeler le beulemans en référence à la pièce de théâtre toujours interprétée de nos jours, a été créé fin XIXe siècle par les petits bourgeois et le peuple bruxellois qui veulent parler français pour des raisons d’émancipation sociale. Victor Hugo dira de ces gens : « qu’ils parlent le flamand, en français ». On ne s’étonnera donc pas d’un : " Jef, reghard’, ça est ton père sa voiture ! ", traduction littérale du néerlandais : « Jef, kijk, dat is jouw vader zijn wagen”, alors qu’un Bruxellois authentique dira : “Jef, bezee ne ki, da’s aa pa zaaine auto”.

Décidément, le néerlandais demeure une « langue étrangère » pour les vrais Marolliens !

Et si ça c’est pas une zwanze, alors moi je sais pas quoi c’ qu’y te faut, hein pei !

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