Quand le nom des rues racontent l'histoire (3.1)

Dans le Pentagone bruxellois, nous trouvons 24 dénominations qui illustrent le thème Souverains et Institutions de gouvernement. Voici la première série.

Le Gouvernement provisoire tableau de Charles Picqué MRBAAlbertine (place de) : surmontant un tunnel percé à travers le tissu urbain pour la Jonction Nord-Midi, cette place semi-circulaire située au pied du Mont des Arts porte depuis 1959 le nom usuel de la Bibliothèque royale de Belgique formé sur celui du roi Albert Ier (r.1909-1934). L’endroit est orné d’une statue, œuvre du sculpteur René Cliquet (1899-1977), représentant Elisabeth de Wittelsbach (1876-1965), duchesse en Bavière, épouse d’Albert Ier et troisième reine des Belges.

Christine (rue) : porte le nom de l’archiduchesse Marie-Christine (1742-1798), gouvernante générale des Pays-Bas autrichiens de 1781 à 1789. La rue fut tracée à cette époque. Certains pensent à tort qu’elle doit son nom à la reine Christine de Suède qui résida à Bruxelles.

Congrès (rue du) : prévue dans le cadre du réaménagement du quartier Notre-Dame-aux-Neiges (1874), elle porte le nom de la première assemblée nationale de 200 membres, élus au suffrage censitaire en novembre 1830. Elle siégea jusqu’en juillet 1831, exerça le pouvoir législatif et vota la Constitution. Elle appela au trône Léopold de Saxe-Cobourg et Gotha et c’est elle qui reçut son serment le 21 juillet 1831.

Congrès (place et colonne du) : ancienne place des Panoramas ; en même temps que les rues avoisinantes et qu’un marché avec escalier monumental donnant sur les Bas-fonds, elle fut aménagée de 1848 à 1857 à mi-parcours et sur le côté O. de la r. Royale par Jean-Pierre Cluysenaar ; en 1850-1852, symétriquement sur son côté gauche et sur son côté droit, Joseph Poelaert y édifiera un immeuble et en son centre la Colonne du Congrès (1850-1859) qui commémore cette assemblée. Au pied de la Colonne se trouve depuis le 11 novembre 1922 le tombeau du Soldat Inconnu en hommage aux militaires tués pendant la Grande Guerre.

Ducale (rue) : cette voierie fait partie de l’aménagement (1774-1785) du quartier néo-classique exécuté par Barnabé Guimard en 1776 ; elle doit son nom en 1779 à la proximité du Palais du Coudenberg, ancienne résidence des Ducs de Brabant, de Bourgogne et de nos Gouverneurs généraux espagnols et autrichiens jusqu’à son incendie en 1731. Sa façade principale donnait sur la place Royale appelée alors place des Bailles et ses jardins occupaient l’emplacement de l’actuel parc Royal.

Empereur (boulevard de l’) : tracé sur le tunnel ferroviaire de la Jonction entre 1947 et 1952, il a pris la place des anciennes « rue de l’Empereur » et « rue d’Or ». Son nom serait dû à une auberge à l’enseigne de L’Empereur où Charles Quint se serait arrêté et aurait oublié de payer le tenancier qui ne craignit pas de lui réclamer son dû.

Gouvernement Provisoire (rue du) : lors de la Révolution de 1830, succédant à une Commission administrative de 6 membres, un Gouvernement provisoire de 10 membres, organe du pouvoir législatif et exécutif fut mis en place le 26 septembre. Le Congrès national reprit à son compte le 12 novembre le pouvoir constituant et législatif, le pouvoir exécutif restant aux mains du Gouvernement provisoire jusqu’au 25 février 1831, lendemain de la proclamation de la Constitution. Dans ce quartier de Notre-Dame-aux-Neiges, cette rue fait partie d’un ensemble d’artères dont les dénominations sont en rapport soit avec nos libertés constitutionnelles, soit avec des institutions mises sur pied au début de l’Indépendance de notre pays.

Jean Heyblom historien et AESS

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