Pour un urbanisme respectueux de notre bâti

01 la rue Saint Jean photo H. SchaffeneersDans son article intitulé « Urbanisme : le grand tabula rasa bruxellois » paru dans La Libre Belgique du mercredi 19 juin 2019, Isabelle Douillet-de Pange, historienne de l'Art, déplorait que la seule norme possible de l'urbanisme moderne dans notre capitale consiste à démolir le bâti existant et à reconstruire à tour de bras. Elle déclarait qu' « il est urgent de rompre avec la pathologie collective des destructions/reconstructions et de penser la modernité dans sa continuité organique avec le passé ». Nous partageons pleinement son point de vue : pour illustrer ce fléau, il suffit en effet en prenant un seul exemple de voir ce qu'est devenue la malheureuse rue Saint-Jean avec ses nouveaux immeubles aux façades vitrées hors proportions. Mais notre déception devant cet urbanisme ravageur déclina lorsque dans le Moustique du 03/07/2019 et l'article de Catherine Ernens intitulé « Changer 02 la rue Saint Jean photo H. Schaffeneersla ville », nous avons lu que « construire et démolir trente ans plus tard est un modèle dépassé. Désormais on transforme ce qui existe déjà. Des immeubles de bureau deviennent ainsi des appartements » (déclaration de Frédérik Serroen urbaniste auprès du Bouwmeester de Bruxelles). Peut-on espérer et croire enfin à une prise de conscience définitive des autorités régionales et de leur administration pour un urbanisme plus soucieux du bâti existant ? On peut se montrer sceptique devant les propos du ministre Pascal Smet sur son intention de favoriser les tours à Bruxelles ! Nous n'aborderons pas les autres nouveautés en phase avec la déclaration gouvernementale régionale bruxelloise, nous attendons pour voir et juger sur pièce. Terminons sur une note d'espoir, mais ayons quand même une pensée pour les « chers disparus » au champ d'inconséquence pour ne pas dire d'incompétence qu'étaient la Maison du Peuple de Horta, l'Hôtel des Postes de la place de la Monnaie, la Galerie du Commerce (rue Neuve), l'ancien Mont des Arts et une bonne partie du Quartier Léopold sacrifié à l'appétit démesuré des promoteurs et aux projets pharaoniques de l'Union européenne (liste non exhaustive !!!). A-t-on vraiment compris la leçon de la bruxellisation ? A-t-on oublié la leçon de la déconfiture du projet Manhattan ?

Jean Heyblom licencié en histoire, A.E.S.S

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