Echevins et conseillers communaux dans les noms de rues de Bruxelles-Ville et de Laeken (13)

Steens Louis place : Homme politique libéral, François Louis Corneille Steens est né à Bruxelles le 10 juin 1849 et y décéda le 30 mai 1933 à l’âge de presque 84 ans.

Pourquoi Pas n267 du 12 septembre 1919Issu d’une famille bourgeoise aisée, cet avocat est entré au conseil communal de Bruxelles en 1882 Il occupera le poste d’échevin de 1895 à 1926. Il présidera également la société anonyme du canal et des installations maritimes de Bruxelles. À partir 8 mai 1917 jusqu’au retour de Maurice Lemonnier le 25 octobre 1918, Steens le remplace comme bourgmestre faisant fonction. Maurice Lemonnier avait lui-même remplacé le bourgmestre Adolphe Max emprisonné par l'occupant allemand. Louis Steens suivit l’exemple d’Adolphe Max et de Maurice Lemonnier en collaborant avec l’occupant allemand tout en maintenant une « distance patriotique », mais aussi en s’opposant le plus possible aux décisions de celui-ci, si elles ne participaient pas du droit belge. Comme interlocuteur essentiel dans le cadre de la Conférence des Bourgmestres de l’agglomération bruxelloise, il offrit ainsi une résistance farouche aux mesures de flamandisation de l’administration et de l’enseignement.
En décembre 1917, il fit procéder à une enquête portant sur la situation linguistique dans les 16 communes de l’agglomération bruxelloise (Bruxelles, Anderlecht, Auderghem, Etterbeek, Forest, Ixelles, Jette, Koekelberg, Laeken, Molenbeek, Saint-Gilles, Saint-Josse, Schaerbeek, Uccle, Watermael-Boitsfort et Woluwe-Saint-Lambert) : elle donna notamment pour résultat que sur 21.747 actes d’état civil 20.481 étaient rédigés en français et 1.266 en flamand et que, suivant les déclarations des pères de famille, sur 98.529 élèves 80.840 se déclaraient français et 17.689 flamands.
Les mesures prises par l’occupant en ces deux matières connurent un échec. Sa position vis-à-vis des activistes flamands qui pactisèrent avec les Allemands fut claire et ses paroles en témoignent : « Je suis Flamand et le flamand est ma langue maternelle, mais je ne le parle plus depuis la constitution du Conseil de Flandre » ; rappelons que le Conseil de Flandre (Raad van Vlaanderen) avait été créé le 4 février 1917 par les activistes flamingants qui proclameront l’indépendance de la Flandre le 22 décembre 1917.
Louis Steens est également à la base de la décision de la Conférence des Bourgmestres pour que les officiers de police judiciaire assurent une certaine continuité, mais toujours dans le cadre du droit belge, pour une collaboration avec les magistrats allemands.
Pendant son intérim comme bourgmestre, il doit aussi le 26 mai 1918 gérer une grève de deux jours des policiers bruxellois dont il est le chef, grève qui avait comme griefs essentiels leurs difficultés de ravitaillement et leur salaire insuffisant. Louis Steens fut nommé baron en 1920.
Une place porte son nom sur le plateau du Heysel. Elle est située à l’intersection du boulevard du Centenaire et de l’avenue du Gros Tilleul Il en va de même pour l’école communale n° 7 située rue Haute n° 255-257.

Bibliographie : Mina Martens, Histoire de Bruxelles, Toulouse, 1976, p. 425-435 ; Benoît Majerus, Occupations et logiques policières. La police bruxelloise en 1914-1918 et 1940-1945, Classe des Lettres, Académie royale de Belgique, 2007, 388 p. (consultable sur internet) ; Illustration : elle provient de Wikipédia. 

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