Adolphe Hitler en visite à Bruxelles

fs1La carte postale avec Hitler (1) a été envoyée depuis New York le 31 octobre 1944 à un certain Roger Chavée, # 31 Raf Belgium Personnal, à Moncton (Nouveau Brunswick) au Canada. Une base aérienne permettait aux aviateurs des pays du Commonwealth de s’y entraîner loin des hostilités en Europe.
Était-ce le cas de Roger Chavée ? La forte charge symbolique de cette carte traduit l’esprit frondeur du Manneken tout en illustrant aussi les valeurs humanistes de tolérance, de liberté et de fraternité qu’il véhicule lorsqu’il est représenté arrosant copieusement le national-socialiste Adolphe Hitler, Führer du IIIeme Reich, propagateur absolu de la haine raciale et responsable de la barbarie nazie.
On ne sait pas si le Führer lui rendit visite le 1er juin 1940, mais il est certain qu’il est venu à Bruxelles à cette date : suivant René Mathot (1) pp. 70-74, le dictateur avait quitté son Haut Quartier général (Führerhauptquartier), nom de code Felsennest (Nid dans les rochers), situé près de Bad Münstereifel (D), à 10 heures pour décoller depuis le terrain d’aviation d’Odendorf pour Evere. Le même auteur nous décrit son itinéraire à travers notre capitale : depuis Evere, l’avenue de Tervuren, le Cinquantenaire, la rue de la Loi, la Porte de Namur, la Place Louise, la Place Poelaert, la rue de la Régence, la Place royale, la rue Royale, la cathédrale des Saints Michel et Gudule, la Grand-Place, la Bourse, la Place de Brouckère, le boulevard Emile Jacqmain, le boulevard d’Anvers, le boulevard Léopold II, l’avenue Charles Quint pour poursuivre ensuite son chemin vers Alost et Gand. Il précise aussi que Hitler sera impressionné par le Palais de Justice de Bruxelles qu’il recommandera comme référence architecturale à Albert Speer, son ministre chargé de la transformation de Berlin. Hitler continuera son déplacement par Courtrai, Menin, Ypres, visitera le cimetière allemand de Langemark et arrivera à Lille.
René Mathot (1) nous renseigne p.79 que le Führer logera aux environs de cette ville, puis rencontrera le 2 juin1940 à divers endroits plusieurs de ses généraux qui lui exposeront l’état du déroulement de la campagne militaire en France. Hitler s’envolera ensuite de Charleville pour revenir au Felsennest dans la soirée. René Mathot (1) p.110 nous rappelle que Hitler avait déjà passé plusieurs jours de permission à Bruxelles au cours de la Première Guerre Mondiale alors qu’il était soldat dans les Flandres française et belge.fs2
L’auteur ajoute que, le 6 juillet 1916, le même avait adressé de Bruxelles une carte postale à un de ses compagnons d’armes et qu’elle portait un cachet de la « Maison des Soldats » avec sa localisation : rue de la Loi, coin rue Ducale. Il avance aussi que Hitler visita les musées d’Art de Bruxelles.
De notre côté, demandons-nous si le caporal Hitler, lors de ses jours de permission, se rendit rue de l’Etuve comme le firent les deux soldats « boches » que l’objectif du photographe a saisis devant le Manneken (2). En 1940 comme pour 1916, personne ne le sait.

(1) Mathot, René, Hitler en Belgique et en France Au ravin du loup, éditions Racine, Bruxelles, 2021 ; cet ouvrage nous renseigne en détails sur les déplacements de Hitler en 1940 en France et en Belgique et sur le Quartier général du Führer (nom de code Wolfsschlucht (Ravin du loup) situé à Brûly-de-Pesche près de Couvin (B) ; ce site qui abrita le dictateur du 6 juin au 28 juin 1940 est devenu un lieu mémoriel qu’il faut aller visiter pour ne pas oublier ce passé profondément tragique.

Jean Heyblom, historien et AESS.

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