Ce document (ill.01), un tirage albuminé, nous permet de détailler l’état de cette artère vers 1890. Il nous présente en avant plan à gauche une partie de l’Hôtel du Lotto (n°1-2 place Royale) et à droite une partie de l’Hôtel de Spangen (n°13-14 place Royale), deux des huit pavillons qui cernent la place néo-classique bien connue. L’Hôtel du Lotto, construit pour la Loterie impériale et royale des Pays-Bas, a connu de nombreuses affectations au fil du temps : Hôtel pour voyageurs sous le nom d’Hôtel de l’Europe au XIXe siècle, Bijouterie Altenloh entre 1920 et 1962, Musée d’art moderne, puis Musée Magritte en 2009. Sa façade, du côté rue Montagne de la Cour, a connu l’ajout de deux travées aux quatre d’origine. Cette transformation fut inaugurée en 1984. La suite des immeubles de cette rive de la rue fut à la même époque rasée, laissant place à l’actuel espace vert. L’Hôtel de Spangen, qui tire son nom du comte de Spangen, chambellan de la Cour de Vienne, qui a financé sa construction, a lui aussi connu diverses affectations : au XIXe siècle hôtel pour voyageurs sous le nom d’Hôtel Britannique puis d’Hôtel de Grande-Bretagne, ensuite Café-restaurant de la Régence ou E.Strobbe, en 1886 grands magasins « Old England », en 1974 magasin de tapis « Rêve d’Orient », en 1979 achat par l’Etat pour en faire le Musée des Instruments de Musique qui sera ouvert au public en 2000.
Le document nous montre également en son centre la perspective de la rue Montagne de la Cour. On remarquera que chaque rive de cette rue présentait en avant-corps un élément de façade qui contribuait avec les arcades qui clôturent les autres voies à donner à l’ensemble de la place une impression de quartier fermé. Au fond de la rue, on distingue le coin (vue agrandie de l’endroit en ill.02) formé à gauche par la rue Montagne de la Cour qui descendait vers la rue de l’Empereur (l’actuel boulevard) et à droite la rue des Trois Têtes (disparue) qui donnait accès au populeux quartier Saint-Roch qui sera entièrement détruit en 1897-1899 et qui se verra remplacer par le Mont des Arts sous ses diverses formes (jardin provisoire puis Bibliothèque Royale Albert 1er/Palais des Congrès).
L’illustration 03 nous montre les transformations subies par l’autre côté (à droite en descendant) de la rue Montagne de la Cour avec la construction en style Art Nouveau de l’extension du magasin « Old England » par Paul Saintenoy en 1898-1899.
Jean Heyblom licencié en Histoire AESS
