Eï ben ek, eï blaaiv ek! Le bruxellois chez Tintin

L'auteur, Jean-Jacques De Gheyndt nous explique : Comme tout Bruxellois qui se respecte, j'ai en tête quelques expressions en syldave ou en arumbaya : Frêtmo, le stoumpô, czestot on clebcz et bien sûr l'inénarrable Eih bennek, Eih blavek ! Mais que se cache-t-il derrière ces expressions ?
Le lecteur francophone moyen sait peut-être qu'Hergé utilisait ses connaissances dialectales bruxelloises, acquises oralement via sa grand-mère maternelle qui habitait les Marolles. Les comprend-il pour autant ?

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 Le plus ancien article sur les sources dialectales bruxelloises chez Tintin date de 1976 et est l'œuvre  d'un ressortissant … des Pays-Bas ! Le premier travail de fond est celui de Frédéric Soumois dans "Dossier Tintin" (épuisé). La meilleure analyse jusqu'à aujourd'hui se trouve dans "Tintin, ketje de Bruxelles", un livre de Daniel Justens et d'Alain Préaux (épuisé).

Hélas aucun de ces ouvrages n'est complet et, surtout, ne développe suffisamment les multiples sources historico-linguistiques de la création hergéenne. C'est pourquoi je me suis lancé dans l'aventure, comme je l'ai fait il y a deux ans pour "Schieven Architek ! Les langues endogènes à Bruxelles".
Syldave, bordure, bibaro et arumbaya furent allaités aux mamelles de notre riche dialecte brabançon, mais il faut croire que la nourrice avait alterné gueuze, faro, kriek et lambik pour accoucher de wulle gaminne (petites sauvageonnes) aussi différentes les unes des autres ! 
Les noms de personnages constituent le b.a.-ba de l’exégèse bruxelloise de l’œuvre d’Hergé, mais une analyse fine peut révéler une richesse insoupçonnée. La topographie est cohérente : ainsi, la capitale de la Syldavie est Klow, à prononcer klouf (fêlé), et répond à Shohôd (au fou), capitale de la Bordurie. Les dialogues s’échelonnent de la transposition simple, tels Wadesmadana (c’est quoi ce bazar ?) à un véritable travail de paléographie lorsqu’il s’agit de comprendre l’arumbaya ou le vieux syldave.
De nombreux termes trouvent dans cet ouvrage une explication inédite : Dimitrieff Solowstensxopztski (Dimitrieff, fils de wallon têtu) ; Kragoniedin (je ne parviens pas à avaler cela). Les travaux préparatoires de Hergé m'ont éclairé sur son processus de création linguistique. Tous les dialogues et les deux versions du cartouche de la miniature du XIVe siècle sont intégralement traduits et justifiés mot à mot, et ce pour la première fois. 

JEAN-JACQUES DE GHEYNDT : EÏ BEN EK, EÏ BLAAİV EK : BRUXELLOİS – SYLDAVE - ARUMBAYA  
ISBN: 978-2-930738-58-1 (216 pages) 16,-€ (+ frais de port 4,65€)   www.science-zwanze.be
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